Visite de l’endiverie de Soyécourt

L’endiverie de Soyécourt fait partie de la Coopérative Primacorp qui est, elle-même, adhérente à Perle du Nord. Sa particularité est qu’elle a été construite récemment, en 1991, via un GIE de 5 agriculteurs qui ne cultivaient alors pas l’endive.

En première année, l’endiverie était composée de 120 hectares de culture alors que la moyenne à l’époque était autour plutôt de 10 hectares par endiverie, le plus souvent dans des familles qui cultivaient de génération en génération.

Christophe Levecque, Directeur de Production, est arrivé à l’endiverie de Soyécourt en 1999 : « Quand j’ai intégré l’endiverie, nous avions 200 hectares de cultures, aujourd’hui, nous en avons 650 hectares. Nous avons connu une accélération de la production à partir de 2017 avec notre produit phare : la jeune pousse d’endive. »

En effet l’endiverie de Soyécourt a inventé et breveté le processus permettant cette innovation : la jeune pousse d’endive. Une endive cueillie à 14 jours contrairement à l’endive classique cueillie à 21 jours. Elle a des qualités gustatives appréciées des consommateurs car elle présente moins d’amertume grâce à son taux de sucre plus élevé que l’endive classique.

Pour produire environ 400 000 endives par jour, l’endiverie fonctionne en 2 postes, de 6h00 à 13h00 et de 13h00 à 20h00, avec 250 collaborateurs.

Christophe Levecque nous rappelle : « L’endiverie travaille toute l’année, 5 jours et demi par semaine, car nous stockons les racines dans des frigos, en froid négatif pour les mettre en léthargie plusieurs mois, et nous les sortons au fur et à mesure en fonction des demandes commerciales. Nous avons alors 15 ou 21 jours pour les « forcer » dans des salles obscures afin de les faire pousser et ensuite les préparer pour nos clients. »

Tout commence avec l’achat des racines à des producteurs présents dans un rayon d’une centaine de kilomètre de Soyécourt. Le semis est, d’ailleurs, une phase clé de la production d’endives car les graines, très petites, sont déposées superficiellement sur la terre et sont donc confrontées aux aléas climatiques (orages,…).

Les 7 à 10 jours de levées des graines sont cruciaux pour obtenir une production idéale pour la suite. L’arrachage des racines se fait souvent au mois d’octobre ou novembre et nécessite un temps sec, ce qui laisse finalement peu de jours aux agriculteurs pour les récolter.

« L’endive que vous consommez n’est pas une salade mais une fleur, c’est la pousse d’un bourgeon sur une racine ! Une salade, vous plantez une graine et vous récoltez celle-ci au bout d’une trentaine de jour. Une endive, vous plantez une graine, vous récoltez une racine avec un bourgeon ! A l’endiverie, nous les stockons dans le froid minimum 15 jours, maximum 10 mois et ensuite nous les mettons à la salle de forçage afin que le bourgeon puisse éclore. Si vous laissez de la lumière, cela se transforme en une superbe fleur violette de 2 mètres de haut, c’est pourquoi nous les faisons pousser dans le noir en maîtrisant l’humidité et la température ! » nous explique Christophe.

L’endiverie de Soyécourt a une particularité avec la construction et l’utilisation d’une usine de bio-méthanisation pour récupérer les déchets comme les racines, les feuilles de parages, les radicelles,… afin de les transformer naturellement en méthane. Ce méthane est ensuite brulé dans un groupe électrogène afin de produire de l’électricité. 100% de l’électricité est revendue à EDF, et l’énergie du groupe électrogène est réutilisée sur place.